INA Campus

01/09/2026

Interview alumni : Nicolas LEROY, ingénieur du son


Nicolas LEROY est un ingénieur du son intermittent qui évolue entre plusieurs mondes : la fiction, la télévision, la musique et le live. Formé en ingénierie sonore à INA campus après un BTS Métiers de l’audiovisuel - option Métiers du son, il a su diversifier ses expériences pour obtenir un éventail de compétences. Dans cette interview, il partage son parcours et nous explique comment il jongle entre des projets variés, en s’appuyant sur un réseau solide.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Nicolas LEROY, je suis ingénieur du son depuis maintenant cinq ans. Je travaille sous le régime de l’intermittence et j’interviens aussi bien en fiction, en télévision, en musique qu’en sonorisation live. Tout ce qui touche à l’enregistrement m’intéresse : la captation d’instruments, de voix, les directs pour la fiction, les ambiances... En revanche, je ne fais que très peu de post-production (mixage, montage), ce n’est pas ma spécialité.

Quel a été votre parcours ?

Depuis toujours intéressé par la musique, mon parcours s’est naturellement orienté vers un BTS Métiers de l’audiovisuel - option Métiers du son, que j’ai terminé en 2017. J’ai commencé à travailler dans le milieu essentiellement en tant qu’assistant son, mais sans réelle insertion, car le travail était difficile à trouver. J’ai donc multiplié les stages pendant l’année 2018, dans différents secteurs : radio, sonorisation de concerts, tournages de fictions, séries... J’ai constaté que j’avais encore des lacunes techniques, j’ai donc décidé d’intégrer à la rentrée 2018 le Diplôme INA Ingénierie sonore - spécialité Audiovisuel en alternance. Cette alternance a été déterminante : elle m’a permis une insertion rapide dans le milieu et surtout de faire beaucoup d’heures d’intermittence en sortie d’école. Aujourd’hui, cela fait plusieurs années que je ne démarche quasiment plus : je travaille essentiellement grâce au bouche-à-oreille.

En quoi consistent vos missions au quotidien ?

Mon cœur de métier, c’est la prise de son sur le terrain. Je m’occupe de toute la partie captation et enregistrement. Ça peut être sur des films, de l’instrumental, des voix, des ambiances sonores pour des publicités... On m’appelle pour enregistrer dans des environnements plus ou moins compliqués, parfois extrêmes et c’est à moi de trouver les solutions pour assurer le meilleur rendu possible.

Je peux aussi m’occuper du mixage live. Par exemple, capter un orchestre, un groupe de musique ou un plateau de talk et gérer en même temps la diffusion auprès public en direct. Là, on est vraiment dans l’instantané, dans la gestion du son en temps réel.

Mes clients sont principalement des sociétés de production. Cela peut aller de petites structures composées de deux personnes, qui réalisent des films institutionnels, à de très grosses boîtes ou des chaînes nationales. J’interviens aussi pour des studios de musique. C’est cette diversité qui rend le métier passionnant.

Comment trouvez-vous vos clients ?

Au début, c’était compliqué. Avec un BTS, il est difficile d’accéder directement aux postes que l’on vise. Il faut passer par des étapes longues, souvent mal rémunérées, multiplier les stages, accepter des missions peu valorisées. Mais tout cela permet de construire un réseau solide.

C’est vraiment l’ensemble des stages, la formation INA campus et mon alternance chez Canal+, qui ont changé la donne. Chaque expérience m’a permis de rencontrer de nouvelles équipes. Petit à petit, les contacts se sont accumulés. À la sortie d’INA campus, grâce au régime de l’intermittence qui assure un soutien financier, j’ai pu continuer à accepter des projets plus modestes, comme des courts-métrages, tout en développant mon réseau. De fil en aiguille, cela m’a permis de travailler de façon continue.

Pourquoi avoir choisi le statut d’intermittent ?

J’ai choisi l’indépendance pour plusieurs raisons. D’abord, la liberté de pouvoir choisir ce que je veux faire. Il faut aussi savoir que les postes fixes sont rares par rapport au nombre de diplômés en France, et le ratio est très déséquilibré. Ensuite, les conditions de rémunération sont souvent plus intéressantes en tant qu’indépendant. Mais surtout, je savais que je n’aimais pas la routine. J’aime me retrouver sur le terrain, en France ou à l’étranger, sans forcément savoir ce que je ferai le mois suivant, tout en ayant la certitude que le téléphone sonnera. Cela implique parfois de faire des choix contraignants dans sa vie personnelle, mais les opportunités sont souvent très enrichissantes.

Quelles sont les qualités essentielles pour être un bon ingénieur du son ?

Il y a 2 niveaux d’exigence dans mon travail, une bonne préparation et le savoir être.

La préparation est trop souvent négligée, c’est pourtant la clé de la réussite dans ce milieu : anticiper les problèmes pour laisser toute la place à l’artistique et au bon déroulé de l’évènement, pour en oublier la technique.

Le travail d’équipe est également fondamental. Notre métier ne se résume pas à la technique. Il faut comprendre les problématiques de production, savoir à qui parler, comment s’adresser aux différents interlocuteurs, gérer les relations humaines. Le savoir-être est aussi important que le savoir-faire.

Bien sûr, des compétences techniques solides sont indispensables. Les technologies évoluent sans cesse, il faut se tenir informé, suivre les nouveautés, aller sur les salons professionnels, se former en continu. On ne peut pas rester sur ses acquis et il faut toujours prendre du recul sur notre travail.

Quels sont les principaux challenges de votre métier ?

Le plus grand challenge, pour moi, c’est le direct. C’est ce qui m’excite le plus dans ce métier. Quand nous sommes à dix secondes de l’antenne, tout doit être prêt, tout doit fonctionner parfaitement. Il faut avoir anticipé chaque problème possible et déjà envisagé les solutions. En tournage comme en télévision, l’anticipation est la clé. Si un souci survient, on doit être capable de réagir immédiatement.

Que vous a apporté votre formation à INA campus ?

Après mon BTS, j’ai ressenti certaines lacunes techniques en observant d’autres collègues. Je ne voulais pas rester assistant pendant dix ans avant de pouvoir réellement évoluer. INA campus proposait un diplôme d’ingénierie sonore de niveau bac+3 : en rencontrant d’anciens élèves et en voyant leurs compétences, j’ai eu envie de postuler.

La formation était exigeante, très spécialisée, avec un effectif réduit. Les formateurs nous connaissaient bien, adaptaient les contenus à nos envies professionnelles. L’esprit de promotion était fort, presque familial. Aujourd’hui encore, nous sommes restés en contact et chacun a trouvé sa voie.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent suivre votre voie ?

Je dirais de ne pas sous-estimer les expériences bénévoles. Chaque expérience est bonne à prendre. On apprend toujours, même sur des projets peu rémunérés. Il faut rester humble, car on rencontrera toujours quelqu’un de plus compétent que soi.

Il est essentiel de se remettre en question en permanence : est-ce qu’on a pensé à tout ? Est-ce qu’on a anticipé chaque détail ? Ce métier demande de la rigueur, mais aussi beaucoup d’ouverture. On construit son chemin progressivement, en restant curieux et passionné.

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01/09/2026