Interview alumni : Maddy BEUQUE technicienne d'exploitation multimédia à l’INA

Diplômée d’INA campus, Maddy travaille aujourd’hui en tant que technicienne d’exploitation multimédia au sein de l’équipe post-production de la Direction éditoriale de l’Institut national de l’audiovisuel. Elle nous raconte son quotidien, les compétences nécessaires, les défis du métier, mais aussi les rencontres et les formations qui l'ont menée là.
Pouvez-vous vous présenter et expliquer votre métier actuel ?
Je suis technicienne d'exploitation multimédia à l’INA, l'Institut national de l'audiovisuel. Je fais partie d'une équipe de sept permanents, complétée par des intermittents. Nous intervenons sur des projets très variés : documentaires, bandes-annonces, films institutionnels, archives, etc., pour des clients comme Ferragamo, le CNC ou la Sécurité Sociale. Mon travail se concentre sur la post-production : je récupère les images tournées, je les sauvegarde et je les mets à disposition des monteurs. À la fin, nous assurons les finitions techniques et livrons les fichiers finaux aux chaînes de télévision ou aux plateformes. Cela inclut aussi le contrôle qualité, la fabrication des PAD et des masters pour archivage.
Quelles sont les qualités essentielles pour exercer ce métier ?
D'abord, l'organisation. Il faut savoir nommer, dater, ranger, transmettre des versions claires et compréhensibles pour toute l'équipe. Ensuite, le travail d'équipe : on ne travaille jamais seul. Il faut penser aux collègues, prévoir qu'un autre puisse reprendre son travail sans brief. Enfin, être méticuleux : nous avons la responsabilité du produit fini. Quand on livre à une chaîne ou qu'on archive un master, il faut être sûr de la qualité du fichier.
Qu'est-ce qui vous plaît le plus en tant que technicienne d'exploitation multimédia ?
La diversité des tâches. Chaque journée est différente. On peut gérer un projet le matin, faire de l’archivage de fichiers l'après-midi, ou travailler sur des finitions. Certains projets nous impliquent davantage, on devient référent et c'est valorisant de pouvoir apporter des conseils ou proposer des solutions. Ce métier évolue sans cesse : logiciels, matériels, formats... On apprend en permanence. La technologie avance, et nous avec.
Quel est le plus grand défi que vous rencontrez dans votre travail ?
Rester à jour. Les outils évoluent, les logiciels changent, l'IA prend de plus en plus de place. Il faut constamment se former, être curieux, comprendre les nouvelles fonctionnalités. Je ne suis pas responsable des mises à jour matérielles, mais je dois connaître les outils pour accompagner les monteurs et résoudre les problèmes techniques.
Quel a été votre parcours pour en arriver là ?
Je viens d'une licence d'anglais. Après avoir été acceptée en master, j'ai réalisé que je ne voulais pas poursuivre dans cette voie. Je suis tombée un peu par hasard sur la classe alpha d’INA campus, une formation récente orientée vers les métiers techniques. J'avais eu quelques cours de théorie et d’analyse du montagne à la fac, ça m'intéressait, mais sans jamais avoir manipulé des outils pros. Après la classe alpha (option poursuite d’études), j'ai intégré le diplôme INA technicien supérieur audiovisuel (DITS) option montage en alternance entre 2021 et 2023, puis j'ai été recrutée. Je ne voulais pas être intermittente, et j'ai eu la chance d'être embauchée. J'avais des doutes au départ sur mes compétences techniques, mais j'ai reçu une excellente formation, et aujourd'hui je me sens à ma place.
Pourquoi avoir choisi INA campus pour votre formation ?
C'était presque un hasard. Les inscriptions via Parcoursup étaient terminées, j'ai écrit un mail un peu désespéré à l’INA. On m'a orientée vers la classe alpha. J'ai été très bien accueillie. Ce qui m'a le plus marquée, c'est la richesse humaine : des profils très différents, venant de tous horizons, avec des compétences variées. C'était très stimulant. J'ai ensuite enchaîné sur le diplôme montage, toujours à l’INA. J'ai passé trois années intenses, mais passionnantes, dans un cadre chaleureux.
Quel conseil donneriez-vous à un·e futur·e étudiant·e ?
Tenter. Ne pas se censurer si on n'a pas un profil technique. Moi, je n'avais jamais touché à un logiciel pro avant d'arriver. Et aujourd'hui, c'est mon métier. Il ne faut pas se dire que parce qu'on est une femme, on ne trouvera pas sa place. Je travaille majoritairement avec des hommes, et je n'ai jamais eu de souci. Enfin, même si on ne vient pas du monde de l'audiovisuel, même si on vient comme moi d'un petit village en Franche-Comté, on peut y arriver. Il faut oser.
Un dernier mot ?
Je dirais que j'ai été très chanceuse de tomber dans un environnement aussi accueillant. INA campus, à travers la classe alpha et le DITS option montage, m'a offert un cadre où j'avais envie de venir à l'école, de m'investir, de poser des questions. Même avec le covid, l'ambiance était chaleureuse. J'y ai passé trois très belles années.
